« Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante ans dans le désert » Dt 8,2
Il y a un temps pour se souvenir….
Comment prenons-nous le temps de regarder le passé dans un monde tourné vers l’avenir ? Peut-on articuler les temps de la mémoire et de l’histoire ?
Le mot de Mickaël
Bonjour à toutes et tous, bienvenue au Beausset pour notre
second WE de l’année.
Nous voici rassemblés dans un lieu qui nous est un peu moins
familier que la Pourraque mais il est vrai qu’un peu de chauffage et de confort
en hivers ne nuisent pas à la réflexion hivernale et à l’échange.
Nous sommes heureux d’accueillir dans le groupe Claude,
Joseph, prêtre de la mission de France, ancien curé de Moissac, de St Chamas et
d’ailleurs…
Nous avons une pensée pour Daphnée et Bertrand qui étaient
hier encore dans l’attente de l’arrivée de leur bébé et qui avaient très envie
de venir nous retrouver, une pensée pour Jean Bernard qui soigne un
gros rhume du côté de Nimes et tous les absentes et absents qui peuvent se
joindre à nous.
Et si nous prenions le temps ? Tel est le thème de
notre parcours entamé au mois d’octobre du côté de la Pourraque et que nous
vous invitons à poursuivre.
Il y a deux mois nous avions pris le temps de nous poser et
d’écouter Giuseppe nous présenter l’approche sociologique du temps développée
par Bauman qui constate les évolutions de notre société, où le temps est
tellement rapide qu’il en devient liquide. Alors qu’il y a quelques décennies
l’homme construisait patiemment son histoire, prenait le temps de chercher le
bonheur, la société actuelle nous vend le plaisir immédiat et limité dans le
temps. Vous gardez sans doute comme moi, les quelques vidéos projetées lors de
la présentation de Giuseppe.
Nous avions ensuite échangé autour d’un article de presse
qui montrait si besoin était que ces questions concernant le temps sont
partagées par un grand nombre. Les jeunes notamment prennent conscience que la
connexion permanente sur le monde peut être néfaste et de nombreux mouvements
« slow » se mettent en place pour redonner une place à l’homme, pour lui laisser
le temps.
Nous avions profité de ce texte pour échanger en petit
groupe sur ce qui fait nos vies, sur nos agendas réels et sur nos agendas
rêvés, que ferions-nous si nous avions plus de temps pour nous ? Quelle place
accordons-nous à nos gros cailloux pour faire référence notre foi dans cet
enchainement toujours plus rapide ?
Le dimanche fut plus classiquement consacré à l’étude du
texte de Qohélet dans lequel il nous était rappelé que Dieu construit pour sa
part sur la durée.
Aujourd’hui nous vous proposons de prendre le temps de nous
interroger sur l’importance de l’histoire et de notre passé. Notre société, à
commencer par les médias de l’information, nous proposent une actualité toute
aussi liquide, distribuée en continu, à grand coup de bandeaux défilants et
autres « faits du jour ». Tout cela ne nous aide pas forcément à
hiérarchiser la portée des évènements entre les frasques d’un homme d’état et
les massacres plus ou moins cachés perpétrés par des dictatures, le tout en
sachant que demain la roue aura tournée et que les sujets chauds seront tout
autres.
Dans ce contexte de l’immédiateté ambiante et du médiatique
l’équipe de préparation s’est interrogée sur l’importance du faire mémoire.
Prenons nous le temps de nous arrêter, de nous poser et de tourner la tête pour
voir d’où nous venons, quel est notre parcours, quels sont les faits qui pour
les uns seront de simples « faits historiques » (avec un petit
« h ») alors que personnellement ils constituent des actes fondateurs
qui ont infléchit plus ou moins fortement notre histoire. Deux exemples me
viennent aujourd’hui à l’esprit dans ce lieu et ce contexte : le premier
est personnel et concerne Joseph dont la rencontre et la proposition faite il y
a bientôt quinze ans « Les copains de Marseille proposent des WE bibliques
à la Pourraque, Est-ce que cela vous intéresse ? » me conduisent, entre
autre, à réaliser aujourd’hui ce mot d’accueil.
L’autre est sans aucun doute partagé par Madeleine et Hubert
puisqu’il y a un an à peu près, Hubert faisait demi tour sur la route du
Beausset pour aller aider Marie sa fille en train d’accoucher prématurément. Avec
Madeleine, ils ne devaient pas se douter à l’époque de l’importance que
prendrait le contexte de cette naissance dans leur histoire familiale.
Est-ce important pour nous, pour notre famille de faire
mémoire ? Qu’est ce que cela apporte ? Est-ce de la pure nostalgie
destinée à entretenir un sentiment de « c’était mieux avant » ?
Au travers des textes choisis l’équipe de préparation a
voulu montrer combien cet acte du « souviens toi » et du « faire
mémoire » était constitutif de notre foi, au point de se retrouver au cœur
de notre liturgie de l’Eucharistie : « Faites cela en mémoire de moi ».
En tant que croyants, nous sommes invités à nous souvenir de
Dieu et de son alliance avec son peuple, à nous souvenir des actes d’amour
posés par Jésus et en faisant mémoire d’être nous même acteurs et messagers au
sein de notre société.
Ce week end sera également marqué par quelques temps forts
pour les uns et les autres qui seront pourront éventuellement un jour être
relus comme des actes fondateurs : Pour Jubiata dont c’est le 15ème
anniversaire aujourd’hui, pour Bambou, Aglaé,
Virgile et Berteline qui vont débuter leur cheminement vers la première
communion. Pour nous tous enfin nous sommes invités à « faire
mémoire » en ce temps si particulier de l’avent, faire mémoire de
l’attente longue et pas si évidente que cela
que constitue une grossesse, fusse t’elle celle du Christ.
Voilà quelques points de repères proposés pour jalonner
notre début de parcours, il me reste à céder la parole à Lucille qui nous
propose une réflexion sur la mémoire et le temps.
Notre réflexion à l'aide des textes
* Josué 4 (1-24)
* 1 Co 11 (20-30)
nous a fait creuser le thème du "faire mémoire", autour des signes et de la façon de se souvenir pour leur garder leur sens à jamais.
Avec * Jean 14 (15-27)
nous avons confronté la mémoire, le souvenir et la fidèlité.
Les jeunes ont travaillés sur la base du film
Le cercle des poètes disparus
Je partis dans les bois car je voulais vivre sans me hâter, vivre intensément et sucer toute la moelle secrète de la vie. Je voulais chasser tout ce qui dénaturait la vie, pour ne pas, au soir de la vieillesse, découvrir que je n'avais pas vécu.
Que votre vie soit extraordinaire!
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
RépondreSupprimer