Depuis
St Augustin, nous savons que ce Dieu que nous cherchons parfois bien loin,
c’est au-dedans de nous que nous pouvons le trouver, au cœur de notre cœur…
Cette
liberté, à laquelle nous aspirons, n’est pas non plus extérieure à nous, et ce
n’est pas une météo spirituelle extérieure à nous, qui déterminera le degré de
liberté de notre vie.
Que
ce soit une petite brise, un doux zéphyr pour caresser notre quotidien dans le
sens du poil, sans trop nous déranger, ou un mistral impétueux, voire un typhon
qui va chambouler nos engagements, c’est nous qui décidons : à la
mesure de notre désir de nous laisser interpeler, interroger, changer,
chambouler, et, peut-être : convertir ?
Les
étapes proposées cette année sur ce chemin de liberté, suivent d’une certaine façon, l’itinéraire de tout chemin : Rappelez vous :
Le
1er WE :
L’esclavage, c’est un peu le point de départ de tout chemin de liberté, là d’où
l’on vient : ce dont on nous a chargé durant notre éducation, et qui n’est
pas de nous, qui nous entrave encore aujourd‘hui, si nous n’en avons pas
encore brisé les chaines. L’esclavage qui nous pousse à nous libérer de nos
aliénations. Nous avons perçu durant ce 1er we, tous les pays
d’Egypte que nous avions à quitter, comme ces réfugiés et migrants… qui
reflètent aussi en miroir nos migrations intérieures.
Durant
le 2ème WE,
nous avons essayé de cerner les idoles dont nous nous sommes nous-même chargés,
qui nous entravent, nous ralentissent, auxquelles nous nous sommes
« attachés » (comme l’expression est banale et juste à la fois !)
et dont nous avons à nous alléger :
---
Dans le 1er texte de l’Exode, nous avons perçu combien le
peuple hébreu était dérouté, perdu, durant l’absence prolongée de Moïse, parti
chercher les tables de la loi : Ils avaient perdu leur guide, et c’est
bien une idole pour marcher devant eux, qu’ils demandent à Aaron : Il est
décidément plus facile de suivre et obéir un chef qui nous devance, plutôt que
de chercher en soi la direction à prendre…au risque de se tromper…
---
Le texte lu à la veillée de Khalil Gilbran, sur le thème de la liberté,
ne nous redit pas autre chose, par contraste: Un dictateur n’a de prise sur son
peuple que parce que chacun a accepté intérieurement cette autorité dévoyée,
que ce soit par intérêt, par peur, de perdre sa vie, ou de risquer celle des
siens: Abattre un tyran suppose d’avoir au préalable détruit le trône qu’on lui
a dressé dans notre esprit ! Et la liberté ne devient pas un but à
atteindre, mais un moyen de progresser… « en toute liberté » !
---
L’évocation d’un passage du film « La liste de Schindler »
retrace un chemin exactement contraire au texte de l’Exode: Le peuple s’est
détourné de Yavhé, pour se réferrer à une idole. Schindler, lui, fonde son
usine par appât du gain, quitte à profiter du malheur des juifs dont il se sert
comme main d’œuvre à bon marché (c’est un euphémisme !). Au fil des mois,
au contact de ses ouvriers, il découvre où est la vraie richesse, et n’a plus
désormais qu’une seule obsession : en racheter le plus possible, jusqu’à
la ruine, pour en sauver un maximum…
La
veille de l’arrivée des alliés, ses ouvriers voulant lui témoigner leur
reconnaissance, ont l’exacte démarche inverse du peuple de l’exode, tout en
vivant aussi le verset No 4 : « ayant pris l’or de leurs mains, ils
le fit fondre dans un moule pour en faire une nouvelle alliance » : Là
où les hébreux mettent en commun des bijoux, superflu qui leur est extérieur,
eux arrachent une part d’eux même, leurs dents, pour couler l’anneau destiné à
lui sauver la vie : « celui-ci est un homme juste» gravé en hébreu.
---L’évangile
de Matthieu, en point d’orgue des textes précédents, nous rappelle que
« Là où est ton trésor, là aussi est ton cœur », et nous
interroge chacun : « qu’est-ce qui est essentiel pour toi ?
sur quel modèle de société cela débouche-t-il ? Comment exerçons-nous
notre liberté, pour être en harmonie avec notre cœur ?
Ce
3ème WE se présente
un peu comme un prélude au temps du Carême à venir : A la suite de Jésus, 40
jours dans le désert pour se dépouiller peu à peu de tout ce qui, dans sa vie
terrestre, peut contrarier sa mission, jusqu’ à pouvoir dire : « ma
vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne ».
Le texte d’Isaïe nous révèle un jeûne libérateur, fruit d’un vrai combat spirituel : celui qui défait les chaînes injustes, et brise tous les jougs ! Nous pourrons prendre conscience en groupes, si cela est donné, de la façon dont cette libération a suscité la lumière et la guérison de blessures dans notre vie(v8).
Le texte d’Isaïe nous révèle un jeûne libérateur, fruit d’un vrai combat spirituel : celui qui défait les chaînes injustes, et brise tous les jougs ! Nous pourrons prendre conscience en groupes, si cela est donné, de la façon dont cette libération a suscité la lumière et la guérison de blessures dans notre vie(v8).
Quant
à l’évangile de St Jean, il nous simplifie la feuille de
route : « si vous demeurez dans ma parole, vous connaîtrez la vérité,
et la vérité vous rendra libre ».
Jean
8 – 31.47
31 Alors il
dit aux Juifs qui avaient cru en lui: «Si vous demeurez dans ma parole, vous
êtes vraiment mes disciples, 32 vous
connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres.» 33 Ils lui répondirent: «Nous sommes la descendance d'Abraham et
nous n'avons jamais été esclaves de personne. Comment peux-tu dire: 'Vous
deviendrez libres'?34 «En
vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, toute personne qui
commet le péché est esclave du péché. 35 Or,
l'esclave ne reste pas pour toujours dans la famille; c'est le fils qui y reste
pour toujours.36 Si donc
le Fils vous libère, vous serez réellement libres.
35 Or, un esclave ne
fait pas partie de la famille, un fils, lui, en fait partie pour toujours.
36 Si donc c'est le
Fils qui vous donne la liberté, alors vous serez vraiment des hommes libres.
37 Je sais que vous
êtes les descendants d'Abraham. Pourtant, vous cherchez à me faire mourir parce
que ma parole ne trouve aucun accès dans votre cœur.
38 Moi, je parle de ce
que j'ai vu chez mon Père. Quant à vous, vous faites ce que vous avez appris de
votre père.
39 Notre père à nous,
répondirent-ils, c'est Abraham. Eh bien, leur répliqua Jésus, si vous étiez
vraiment des enfants d'Abraham, vous agiriez comme lui6.
40 Au lieu de cela,
vous cherchez à me faire mourir. Pourquoi ? Parce que je vous dis la vérité
telle que je l'ai apprise de Dieu. Jamais Abraham n'a agi comme vous.
41 Vous agissez
exactement comme votre père à vous ! Mais, répondirent-ils, nous ne sommes pas
des enfants illégitimes. Nous n'avons qu'un seul Père : Dieu !
42 Si vraiment Dieu
était votre Père, leur dit Jésus, vous m'aimeriez, car c'est de sa part que je
suis ici et c'est de sa part que je suis venu au milieu de vous. Je ne suis pas
venu de ma propre initiative, c'est lui qui m'a envoyé.
43 Pourquoi ne
comprenez-vous pas ce que je vous dis ? Parce que vous êtes incapables de
recevoir mes paroles.
44 Votre père, c'est le
diable, et vous voulez vous conformer à ses désirs. Depuis le commencement,
c'est un meurtrier : il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas
de vérité en lui. Lorsqu'il ment, il parle de son propre fond, puisqu'il est
menteur, lui le père du mensonge.
45 Mais moi, je dis la
vérité. C'est précisément pour cela que vous ne me croyez pas.
46 Qui d'entre vous
peut m'accuser d'avoir commis une seule faute ? Si je dis vrai, pourquoi ne me
croyez-vous pas ?
47 Celui qui appartient
à Dieu écoute les paroles de Dieu. Si vous ne les écoutez pas, c'est parce que
vous ne lui appartenez pas.
Proposition
de travail :
Lire le texte à
haute voix.
Analyser la
structure du texte, proposer un plan
Identifier les
personnages, les lieux, les déplacements, les temps
Relever les
omissions, les répétitions…
- Qu’est-ce
que ce texte nous dit de la vérité ?
- Quelle
relation faîtes-vous entre la vérité et le "diable"
dans ce texte ?
- Est-ce que la liberté est un héritage ?
Comment
ce texte nous rejoint dans notre vie ?
- Quelle
vérité dans nos vies fais de nous des hommes libres ?
- Où trouvez-vous votre vérité ?
Isaie
58,6-10
3Que nous sert de jeûner,
si tu ne le vois pas ? De mortifier notre âme, si tu n'y as point égard ?
-Voici, le jour de votre jeûne, vous vous livrez à vos penchants, Et vous
traitez durement tous vos mercenaires.
4Voici, vous jeûnez pour
disputer et vous quereller, Pour frapper méchamment du poing ; Vous ne jeûnez
pas comme le veut ce jour, Pour que votre voix soit entendue en haut.
5Est-ce là le jeûne auquel je prends plaisir, Un jour où l'homme humilie son âme ? Courber la tête comme un jonc, Et se coucher sur le sac et la cendre, Est-ce là ce que tu appelleras un jeûne, Un jour agréable à l'Eternel ?
5Est-ce là le jeûne auquel je prends plaisir, Un jour où l'homme humilie son âme ? Courber la tête comme un jonc, Et se coucher sur le sac et la cendre, Est-ce là ce que tu appelleras un jeûne, Un jour agréable à l'Eternel ?
6Voici le
jeûne auquel je prends plaisir : détache les chaînes de la méchanceté, dénoue
les liens de la servitude, renvoie libres les opprimés, et que l'on rompe toute
espèce de joug ;
7Partage
ton pain avec celui qui a faim, et fais entrer dans ta maison les malheureux
sans asile ; Si tu vois un homme nu, couvre-le, et ne te détourne pas de ton
semblable.
8Alors ta
lumière poindra comme l'aurore, et ta guérison germera promptement ; ta justice
marchera devant toi, et la gloire de l'Eternel t'accompagnera.
9Alors tu
appelleras, et l'Eternel répondra ; tu crieras, et il dira : Me voici ! Si tu
éloignes du milieu de toi le joug, les gestes menaçants et les discours
injurieux,
10Si tu donnes ta propre subsistance à celui qui a faim, si tu rassasies l'âme indigente, ta lumière se lèvera sur l'obscurité, et tes ténèbres seront comme le midi.
10Si tu donnes ta propre subsistance à celui qui a faim, si tu rassasies l'âme indigente, ta lumière se lèvera sur l'obscurité, et tes ténèbres seront comme le midi.
Analyser la structure du texte, proposer un plan
Identifier les
personnages, les lieux, les déplacements, les temps
Relever les
omissions, les répétitions…
1. Où est-il question de vérité ?
2. Comment
ressentez-vous "la gloire de Dieu" ?
Comment
ce texte nous rejoint dans notre vie ?
1. Quels sont nos moyens pour
rejoindre la vérité ?
2. Y-a-t’il un bien, un mal,
est-ce une loi pour nous ?
3. Quels sont nos jougs ?
Comment s’en libérer ?
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