samedi 1 avril 2017

WE3 La vérité vous rendra libre ! 4-5 fev2017

La vérité, Quelle vérité ?

Depuis St Augustin, nous savons que ce Dieu que nous cherchons parfois bien loin, c’est au-dedans de nous que nous pouvons le trouver, au cœur de notre cœur…
Cette liberté, à laquelle nous aspirons, n’est pas non plus extérieure à nous, et ce n’est pas une météo spirituelle extérieure à nous, qui déterminera le degré de liberté de notre vie.
Que ce soit une petite brise, un doux zéphyr pour caresser notre quotidien dans le sens du poil, sans trop nous déranger, ou un mistral impétueux, voire un typhon qui va chambouler nos engagements, c’est nous qui décidons : à la mesure de notre désir de nous laisser interpeler, interroger, changer, chambouler, et, peut-être : convertir ?
Les étapes proposées cette année sur ce chemin de liberté, suivent  d’une certaine façon, l’itinéraire de tout  chemin : Rappelez vous :
Le 1er WE : L’esclavage, c’est un peu le point de départ de tout chemin de liberté, là d’où l’on vient : ce dont on nous a chargé durant notre éducation, et qui n’est pas de nous, qui nous entrave encore  aujourd‘hui, si nous n’en avons pas encore brisé les chaines. L’esclavage qui nous pousse à nous libérer de nos aliénations. Nous avons perçu durant ce 1er we, tous les pays d’Egypte que nous avions à quitter, comme ces réfugiés et migrants… qui reflètent aussi en miroir nos migrations intérieures.
Durant le 2ème WE, nous avons essayé de cerner les idoles dont nous nous sommes nous-même chargés, qui nous entravent, nous ralentissent, auxquelles nous nous sommes « attachés » (comme l’expression est banale et juste à la fois !)  et dont nous avons à nous alléger :
--- Dans le 1er texte de l’Exode, nous avons perçu combien le peuple hébreu était dérouté, perdu, durant l’absence prolongée de Moïse, parti chercher les tables de la loi : Ils avaient perdu leur guide, et c’est bien une idole pour marcher devant eux, qu’ils demandent à Aaron : Il est décidément plus facile de suivre et obéir un chef qui nous devance, plutôt que de chercher en soi la direction à prendre…au risque de se tromper…
--- Le texte lu à la veillée de Khalil Gilbran, sur le thème de la liberté, ne nous redit pas autre chose, par contraste: Un dictateur n’a de prise sur son peuple que parce que chacun a accepté intérieurement cette autorité dévoyée, que ce soit par intérêt, par peur, de perdre sa vie, ou de risquer celle des siens: Abattre un tyran suppose d’avoir au préalable détruit le trône qu’on lui a dressé dans notre esprit ! Et la liberté ne devient pas un but à atteindre, mais un moyen de progresser…  « en toute liberté » !
--- L’évocation d’un passage du film « La liste de Schindler » retrace un chemin exactement contraire au texte de l’Exode: Le peuple s’est détourné de Yavhé, pour se réferrer à une idole. Schindler, lui, fonde son usine par appât du gain, quitte à profiter du malheur des juifs dont il se sert comme main d’œuvre à bon marché (c’est un euphémisme !). Au fil des mois, au contact de ses ouvriers, il découvre où est la vraie richesse, et n’a plus désormais qu’une seule obsession : en racheter le plus possible, jusqu’à la ruine, pour en sauver un maximum…
La veille de l’arrivée des alliés, ses ouvriers voulant lui témoigner leur reconnaissance, ont l’exacte démarche inverse du peuple de l’exode, tout en vivant aussi le verset No 4 : « ayant pris l’or de leurs mains, ils le fit fondre dans un moule pour en faire une nouvelle alliance » : Là où les hébreux mettent en commun des bijoux, superflu qui leur est extérieur, eux arrachent une part d’eux même, leurs dents, pour couler l’anneau destiné à lui sauver la vie : « celui-ci est un homme juste» gravé en hébreu.
---L’évangile de Matthieu, en point d’orgue des textes précédents, nous rappelle que « Là où est ton trésor, là aussi est ton cœur », et nous interroge chacun : « qu’est-ce qui est essentiel pour toi ? sur quel modèle de société cela débouche-t-il ? Comment exerçons-nous notre liberté, pour être en harmonie avec notre cœur ?

Ce 3ème WE se présente un peu comme un prélude au temps du Carême à venir : A la suite de Jésus, 40 jours dans le désert pour se dépouiller peu à peu de tout ce qui, dans sa vie terrestre, peut contrarier sa mission, jusqu’ à pouvoir dire : « ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne ».
Le texte d’Isaïe nous révèle un jeûne libérateur, fruit d’un vrai combat spirituel : celui qui défait les chaînes injustes, et brise tous les jougs ! Nous pourrons prendre conscience en groupes, si cela est donné, de la façon dont cette libération a suscité la lumière et la guérison de blessures dans notre vie(v8).
Quant à l’évangile  de St Jean, il nous simplifie la feuille de route : « si vous demeurez dans ma parole, vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libre ».
Jean 8 – 31.47

31 Alors il dit aux Juifs qui avaient cru en lui: «Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, 32 vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres.» 33 Ils lui répondirent: «Nous sommes la descendance d'Abraham et nous n'avons jamais été esclaves de personne. Comment peux-tu dire: 'Vous deviendrez libres'?34 «En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, toute personne qui commet le péché est esclave du péché. 35 Or, l'esclave ne reste pas pour toujours dans la famille; c'est le fils qui y reste pour toujours.36 Si donc le Fils vous libère, vous serez réellement libres.

35 Or, un esclave ne fait pas partie de la famille, un fils, lui, en fait partie pour toujours.
36 Si donc c'est le Fils qui vous donne la liberté, alors vous serez vraiment des hommes libres.
37 Je sais que vous êtes les descendants d'Abraham. Pourtant, vous cherchez à me faire mourir parce que ma parole ne trouve aucun accès dans votre cœur.
38 Moi, je parle de ce que j'ai vu chez mon Père. Quant à vous, vous faites ce que vous avez appris de votre père.
39 Notre père à nous, répondirent-ils, c'est Abraham. Eh bien, leur répliqua Jésus, si vous étiez vraiment des enfants d'Abraham, vous agiriez comme lui6.
40 Au lieu de cela, vous cherchez à me faire mourir. Pourquoi ? Parce que je vous dis la vérité telle que je l'ai apprise de Dieu. Jamais Abraham n'a agi comme vous.
41 Vous agissez exactement comme votre père à vous ! Mais, répondirent-ils, nous ne sommes pas des enfants illégitimes. Nous n'avons qu'un seul Père : Dieu !
42 Si vraiment Dieu était votre Père, leur dit Jésus, vous m'aimeriez, car c'est de sa part que je suis ici et c'est de sa part que je suis venu au milieu de vous. Je ne suis pas venu de ma propre initiative, c'est lui qui m'a envoyé.
43 Pourquoi ne comprenez-vous pas ce que je vous dis ? Parce que vous êtes incapables de recevoir mes paroles.
44 Votre père, c'est le diable, et vous voulez vous conformer à ses désirs. Depuis le commencement, c'est un meurtrier : il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il ment, il parle de son propre fond, puisqu'il est menteur, lui le père du mensonge.
45 Mais moi, je dis la vérité. C'est précisément pour cela que vous ne me croyez pas.
46 Qui d'entre vous peut m'accuser d'avoir commis une seule faute ? Si je dis vrai, pourquoi ne me croyez-vous pas ?
47 Celui qui appartient à Dieu écoute les paroles de Dieu. Si vous ne les écoutez pas, c'est parce que vous ne lui appartenez pas.

Proposition de travail :
Lire le texte à haute voix.
Analyser la structure du texte, proposer un plan
Identifier les personnages, les lieux, les déplacements, les temps
Relever les omissions, les répétitions…

  1. Qu’est-ce que ce texte nous dit de la vérité ?
  2. Quelle relation faîtes-vous entre la vérité et le "diable"  dans ce texte ?
  3. Est-ce que la liberté est un héritage ?
Comment ce texte nous rejoint dans notre vie ?
  1. Quelle vérité dans nos vies fais de nous des hommes libres ?
  2. Où trouvez-vous votre vérité ?
Isaie  58,6-10
3Que nous sert de jeûner, si tu ne le vois pas ? De mortifier notre âme, si tu n'y as point égard ? -Voici, le jour de votre jeûne, vous vous livrez à vos penchants, Et vous traitez durement tous vos mercenaires.
4Voici, vous jeûnez pour disputer et vous quereller, Pour frapper méchamment du poing ; Vous ne jeûnez pas comme le veut ce jour, Pour que votre voix soit entendue en haut.
5Est-ce là le jeûne auquel je prends plaisir, Un jour où l'homme humilie son âme ? Courber la tête comme un jonc, Et se coucher sur le sac et la cendre, Est-ce là ce que tu appelleras un jeûne, Un jour agréable à l'Eternel ?
6Voici le jeûne auquel je prends plaisir : détache les chaînes de la méchanceté, dénoue les liens de la servitude, renvoie libres les opprimés, et que l'on rompe toute espèce de joug ;
7Partage ton pain avec celui qui a faim, et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ; Si tu vois un homme nu, couvre-le, et ne te détourne pas de ton semblable.
8Alors ta lumière poindra comme l'aurore, et ta guérison germera promptement ; ta justice marchera devant toi, et la gloire de l'Eternel t'accompagnera.
9Alors tu appelleras, et l'Eternel répondra ; tu crieras, et il dira : Me voici ! Si tu éloignes du milieu de toi le joug, les gestes menaçants et les discours injurieux,
10Si tu donnes ta propre subsistance à celui qui a faim, si tu rassasies l'âme indigente, ta lumière se lèvera sur l'obscurité, et tes ténèbres seront comme le midi.

 Proposition de travail :
Lire le texte à haute voix.
Analyser la structure du texte, proposer un plan
Identifier les personnages, les lieux, les déplacements, les temps
Relever les omissions, les répétitions…
1.    Où est-il question de vérité ?
2.    Comment ressentez-vous "la gloire de Dieu" ?

Comment ce texte nous rejoint dans notre vie ?
1.    Quels sont nos moyens pour rejoindre la vérité ?
2.    Y-a-t’il un bien, un mal, est-ce une loi pour nous ?
3.    Quels sont nos jougs ? Comment s’en libérer ?

WE2 Se libérer de nos idoles... 3-4 déc2016

Face aux différents fondamentalismes ethniques, nationalistes et religieux, comment résister aux intégrismes qui atteignent nos libertés ? Quelles sont nos nouvelles idoles et tentations ? Résister ou vivre avec ?
Avec les Veaux d'or (Ex32) et la monnaie de César (Luc 20, 20-26), regardons le sens de nos actes

E-DOLLS, IDOLES et autres GADGETS
Dans l’invitation au 1er we de cette année,  le titre m’a accroché : « Un vent de liberté souffle sur la Pourraque » … Oui, mais quel vent ? une petite brise, un doux zéphyr pour caresser notre quotidien dans le sens du poil, sans trop nous déranger, ou un mistral impétueux, voire un typhon qui va chambouler nos engagements, ce que nous vivons ? Là encore, c’est notre liberté qui décidera : à la mesure de notre désir de nous laisser interpeler, interroger, changer, chambouler, et, peut-être : convertir ?

Les étapes proposées cette année pourraient suivre d’une certaine façon, le thème proposé il y a 3 ans, sur  «  Le chemin » : Rappelez vous :
Le 1er WE : L’esclavage, c’est un peu le point de départ de tout chemin de liberté, là d’où l’on vient : ce dont on nous a chargé durant notre éducation, et qui n’est pas de nous, qui nous entrave encore aujourd‘hui, si nous n’en avons  pas encore brisé les chaînes.
Ce 2ème WE, il nous faut cerner les idoles dont nous nous sommes nous même chargés, qui nous entravent, nous ralentissent,  dont nous avons à nous alléger : Sans parler de la Rolex avant 50 ans, la liste peut rapidement s’avérer très longue… on se fait confiance pour ça !
-- L’argent est celui auquel on pense en 1er : l’homme ne peut servir 2 maitres, nous dit un texte de l’évangile… que justement, nous étudierons cet AMidi . Céder à une idole nous éloigne invariablement de l’Amour : c’est ce que nous verrons ce soir à la veillée. , et comment au contact de l’amour véritable, la révélation peut être douloureuse,  de tout ce que nos idoles nous ont empêché de vivre…
-- l’orgueil, souvent évident, dans la rubrique : « c’est moi qui ai la plus grosse » : armée, voiture, maison, situation, tête, etc…, mais parfois plus caché ; «  merci mon Dieu, de m’avoir créé comme je suis, bien sous tous rapport et pas comme ce publicain… »
-- nos représentations du monde, nos critères de normalité, nos représentations de Dieu, pour lesquelles on pourrait se fâcher avec des amis, pour lesquelles certains ont tué, des croisades au Jihad, en passant par la St Barthélémy…    Dieu est invariable, mais notre façon de le voir peut évoluer : c’est ce qu’ont vécu les Hébreux au désert, en se détournant de Dieu, dès que Moïse a le dos tourné, pour mieux le retrouver par une nouvelle alliance.
Durant la veillée, nous percevrons combien la découverte du vrai amour, peut desciller nos yeux, combien celui-ci peut être douloureux…

INTRO

Exode 32,14 : 40 jours et 40 nuits, 40 ans de désert

 Image de Dieu : La liberté fait peur. Moïse absent, les hébreux se dépêchent de créer un nouveau dieu, « qui marchera à notre tête », «  que l’on pourra suivre ».Un dieu « tout-puissant », à qui l’on peut demander des faveurs », un dieu exigeant, asservissant, à qui on donne de l’or pour en faire la représentation par une statue.

 Dans ma vie, Quand Dieu tarde, se fait moins présent, il reste le tarot, l’astrologie. Sinon, comment continuer à tout maitriser ?
VEILLEE
L’extrait du film que nous avons failli voir ce soir est tiré de la liste de Schindler. Il est calqué sur le texte de cet après-midi : c’est la même chose, sauf que c’est tout le contraire, l’exact contre-pied :
  • Le peuple juif qui suit son dieu depuis la fuite hors d’Egypte, finit par se construire une idole, en forme de veau d’or. Schindler, lui, a déjà son idole, l’Argent : Il a flairé la bonne affaire, en créant une usine à main d’œuvre bon marché, et tant pis s’il s’enrichit sur le dos des juifs, menacés de mort.
  • Au début, la rentabilité de l’affaire, au fil des contrats passés avec les nazis, lui attire fort logiquement inimitié et animosité, de la part des salariés, mais au fil des mois , des rencontres, les employés s’individualisent, s’humanisent, et à l’indifférence, fait place le respect, la compassion : c’est une autre forme de richesse que découvre Schindler au fil de ces rencontres.
Le passage se situe à la fin de la guerre : les alliés ont débarqué, progressé à marche forcée, et vont atteindre l’usine Schindler, provoquant devant eux la fuite des nazis : pour les juifs, c’est la délivrance assurée le lendemain, et pour Schindler, la mort : s’il part avec les nazis, son double jeu est découvert, et c’est une balle dans la nuque, s’il reste, c’est la mort comme collaborateur des nazis, et exploiteur de juifs. Conscients au contraire que Schindler a sauvé un maximum de juifs, ceux-ci décident de le sauver à leur tour, en lui donnant un anneau, sauf-conduit où ils gravent « celui-ci est un juste » pour témoigner de sa bonne foi.
  • Là aussi, il est question d’or, que l’on arrache, que l’on met en commun, mais il ne s’agit pas de bijoux, d’ornements extérieurs, mais de dents : c’est une part d’eux même, que ce peuple arrache. On voit sous nos yeux s’incarner le verset No 4 : « ayant pris l’or de leurs mains, il la fit fondre dans un moule pour en faire une nouvelle alliance 
  • A la remise de l’anneau, les ouvriers le pressent de partir, pour sauver sa vie. Lui les regarde tous, ne peut les quitter : Au fil des mois, son « devoir d’homme », une compassion logique, l’a incité à en sauver le plus possible, mais là, il est touché par cette reconnaissance, cet amour disons le, et il s’effondre en regardant sa voiture : « mais que ne l’ai-je vendue, j’aurais pu en sauver 10 de plus, et ce manteau, encore 5 , cette insigne en or, encore 2 que je n’ai pas sauvé… » C’est un peu comme ça que je me représente le purgatoire : non pas le jugement extérieur d’un Dieu maitre de tout, mais l’âme, au contact d’un amour absolu qui dépasse tout ce que nous avons pu connaître, prend conscience du bien que nous aurions pu faire, et que nous n’avons pas fait.
  • Cet A Midi, nous avions un Dieu « vengeur », qui juge et condamne, Ici, c’est notre cœur qui nous condamne, et c’est bien plus douloureux…
La Liberté

Et un orateur dit, Parle-nous de la Liberté.

Et il répondit : Je vous ai vu vous prosterner aux portes de la cité et dans vos foyers, et vous vouer au culte de votre propre liberté, Comme les esclaves qui s'humilient devant un tyran et le louent, alors qu'il les anéantit.

Oui, dans le bosquet du temple et dans l'ombre de la citadelle, j'ai vu les plus libres d'entre vous porter leur liberté comme un joug ou des menottes.
Et mon coeur saigna en moi ; car vous ne pouvez être libre lorsque vous forgez une chaîne du désir même de la liberté, et quand vous ne cessez de parler de la liberté comme d'un but et un accomplissement
.
Vous serez libre en vérité non pas quand vous jours seront sans tourments et vos nuits sans un désir ou un chagrin, Mais d'avantage quand ces choses étrangleront votre vie,

En vérité ce que vous appelez liberté est la plus solide de ces chaînes, bien que ses anneaux scintillent au soleil et éblouissent vos yeux.

Et à quoi voulez-vous renoncer dans votre quête de la liberté, si ce n'est à des parcelles de vous même ?
S'il existe une loi injuste que vous voudriez abolir, cette loi fut écrite de votre propre main sur votre propre front. Vous ne pouvez l'effacer en brûlant vos tables de la loi,

Et s'il existe un tourment que vous voudriez dissiper, le siège de cette crainte est dans votre coeur et non dans la main du tourment.
Vraiment, toutes les choses se meuvent dans votre être en une continuelle étreinte fatale ; ce que vous désirez et ce que vous redoutez, ce qui vous attire et ce qui vous répugne, ce que vous poursuivez et ce que vous voulez fuir.

Ces choses se meuvent en vous comme la lumière et l'ombre, en couples enlacés. Et quand l'ombre se dissipe et disparaît, la lumière qui persiste devient l'ombre d'une autre lumière.

samedi 5 novembre 2016

WE 8-9 Oct : Sortir de nos esclavages, aujourd'hui

Invitation thématique : Visite du mémorial du camp des Milles (Aix) - prévoir 2h30

Moïse (Exode 3. 7-12) - TOB
23 Au cours de cette longue période, le roi d’Egypte mourut. Les fils d’Israël gémirent du fond de la servitude et crièrent. Leur appel monta vers Dieu du fond de la servitude. 24Dieu entendit leur plainte ; Dieu se souvint de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob. 25Dieu vit les fils d’Israël ; Dieu se rendit compte…
1 Moïse faisait paître le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiân. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. 2L’ange du SEIGNEUR lui apparut dans une flamme de feu, du milieu du buisson. Il regarda : le buisson était en feu et le buisson n’était pas dévoré. 3Moïse dit : « Je vais faire un détour pour voir cette grande vision : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? » 4Le SEIGNEUR vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » 5Il dit : « N’approche pas d’ici ! Retire tes sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. » 6Il dit : « Je suis le Dieu de ton père, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. » Moïse se voila la face, car il craignait de regarder Dieu
7 Le SEIGNEUR dit : « J’ai vu la misère de mon peuple en Egypte et je l’ai entendu crier sous les coups de ses chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. 8 Je suis descendu pour le délivrer de la main des Egyptiens et le faire monter de ce pays vers un bon et vaste pays, vers un pays ruisselant de lait et de miel, vers le lieu du Cananéen, du Hittite, de l’Amorite, du Perizzite, du Hivvite et du Jébusite. 9 Et maintenant, puisque le cri des fils d’Israël est venu jusqu’à moi, puisque j’ai vu le poids que les Egyptiens font peser sur eux, 10 va, maintenant ; je t’envoie vers le Pharaon, fais sortir d’Egypte mon peuple, les fils d’Israël. »
11 Moïse dit à Dieu : « Qui suis-je pour aller vers le Pharaon et faire sortir d’Egypte les fils d’Israël ?» –  12« JE SUIS avec toi, dit-il. Et voici le signe que c’est moi qui t’ai envoyé : quand tu auras fait sortir le peuple d’Egypte, vous servirez Dieu sur cette montagne. »

1 : Quelles sont les relations de Dieu avec son peuple ?
2 : Quelles libérations Dieu propose-t-il ?
3 : La libération du peuple du joug des égyptiens (2-23) signifiera-t-il une nouvelle servitude du peuple envers Dieu (3-12) ?
4 : Vers quelles terres nous mettons-nous en marche ?
5 : Sommes-nous à présent un peuple libre ?

Matthieu 25. 31-40 - TOB
31« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, accompagné de tous les anges, alors il siégera sur son trône de gloire. 32Devant lui seront rassemblées toutes les nations, et il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres. 33Il placera les brebis à sa droite et les chèvres à sa gauche. 34Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. 35Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli ; 36nu, et vous m’avez vêtu ; malade, et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi.” 37Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te donner à boire ? 38Quand nous est-il arrivé de te voir étranger et de te recueillir, nu et de te vêtir ? 39Quand nous est-il arrivé de te voir malade ou en prison, et de venir à toi ?” 40Et le roi leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait !” 41Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. 42Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire ; 43j’étais un étranger et vous ne m’avez pas recueilli ; nu, et vous ne m’avez pas vêtu ; malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” 44Alors eux aussi répondront : “Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou en prison, sans venir t’assister ?” 45Alors il leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.” 46Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle. »

1 : A qui s'adresse ce texte ?
2 : Dans ce texte en quoi s'agit-il de la liberté d'un peuple ?
3 : Quels chemins de liberté sont-ils proposés dans ce texte ?
4 : Pour nous aujourd'hui, à quelles liberté sommes-nous invités ?
5 : En quoi et comment l'actualité sur la situation des refugiés nous bouscule ?
6 : Comment ensemble, ici et maintenant, prenons-nous part au royaume ?

Veillée : Migrant ou Réfugié ? Subtilité de langage ou réalité de l'accueil ? Fuir un esclavage comme les hébreux fuyant l'Egypte ou traverser l'esclavage du long chemin de la migration ?
Autour de nous, parmi nous, "ils" se mobilisent et accompagnent ceux qui marchent sur la route.
"ils" : des gens comme tout le monde, de tous pays, des assos, des personnes qui s'attachent à l'humanité de l'être.

Et nous accueillons avec joie, l'engagement de Guilhem qui communie pour la première fois.
Intro 2016-2017
Bienvenue !
Chacun arrive pose ses bagages et vient avec ce qu’il est…
La magie de la Pourraque, c’est que demain chacun repartira différent !

Ce qu’il y a de fort et de fondamental, c’est que le groupe ainsi constitué n’est pas un cercle fermé, un club isolé reclus dans la montagne.
Il est vivant de tous ceux qui un jour sont venu, de tous ceux que nous associons par la pensée, par la prière, de tous ceux qui permettent d’être là, nous aussi, ici et maintenant :
La Communauté des Xavières, la Mission de France, ce bout d’Eglise qu’on aime et qui nous relie à toute l’Eglise.

Et durant ce week-end, cette assemblée, on va l’élargir encore davantage : c’est le souhait et la proposition de l’équipe de préparation. Vous verrez …

Liberté Paul Eluard 1942
Sur mes cahiers d’écolier, Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige, J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues, Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre, J’écris ton nom

Sur les images dorées, Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois, J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert, Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance, J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits, Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées, J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur, Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante, J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon, Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres, J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore, Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente, J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages, Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade, J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes, Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique, J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés, Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent, J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume, Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies, J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux, Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide, J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre, Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite, J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte, Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni, J’écris ton nom

Sur toute chair accordée, Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend, J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises, Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence, J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits, Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui, J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir, Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort, J’écris ton nom

Sur la santé revenue, Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir, J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot, Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître, Pour te nommer

Liberté.

Liberté
Liberté, je crie ton nom
La vérité vous rendra libre
On pourrait composer un très beau bouquet avec les seules paroles, déclamation,  poème, prières qui évoquent la Liberté.
On pourrait chanter jusqu’à l’aurore en fredonnant les hymnes, les cris de lutte, les gospels, les incantations, les rêves éclairés qui en appelle à la Liberté.

Quand le choix a été fait sur le thème, l’enthousiasme était au rendez vous.
Ce thème, forcement parle à tout le monde ! Il nous concerne il nous touche, il nous rejoint.

Mais là, il s’agit d’un parcours de réflexion, comme dit la brochure !
Je préfère dire un cheminement d’humain !
Ce n’est pas un travail de recherche philosophico-littéraire ou une rumination purement intellectuelle, c’est partir avec ce que chacun est, se laisser percuter par la Parole de Dieu en lui laissant le temps de s’éclairer par l’approche méticuleuse proposée (que dit le texte ? rien que le texte ! avant toute interprétation !!) et par le vécu de chacun qui ressort dans les échanges.

C’est une méditation commune d’où ressort des signes, des interpellations, des pistes pour avancer, qui permet de donner sens sur ce chemin d’humain .

Chaque étape chaque week-end va nous inviter à une exploration de la Liberté sous un angle différent...

Le 1er : Sortir de nos esclavages :  nous allons explorer la liberté dans sa dimension collective ; l’aspiration des peuples à la liberté ; les esclavages contemporains ; comment vivons-nous cette dimension ? A quelle libération sommes-nous appelés ?
Le 2nd : Se libérer de nos idoles … Identifier les nouvelles idoles que l’on se fabrique, ou bien celles qui nous sont instillés et visent à nous asservir. Parades pour s’en défaire § Comme les Pichatchou : attrapez les tous !!

Le 3ème : La Vérité vous rendra libre ! dit Jésus. La vérité est-elle chemin de Liberté ? Mais de quelle vérité s’agit-il ?

Le 4ème : Se libérer de nos peurs,  de nos zones d’ombre, de la mort : le chemin de la Liberté passe-t-il par un parcours d’épurement  de nos vies, d’essorage, sentier de lucidité et d’éveil, à la suite du Christ dans le mystère de  la Passion et de la Résurrection.

Le 5ème : Liberté est-ce : tout est permis ? La Loi peut-elle servir notre Liberté ?
Des 10 Paroles au Sermon sur la Montagne, il s’agira de déjouer les pièges de l’application rigide d’une Loi qui rend servile et peut être réussir à réconcilier Loi divine et Liberté humaine.

Je souhaite, je nous souhaite d’explorer avec délectation cette étendue proposée, cet espace offert qui s’ouvre,
Que nos découvertes déplacent des frontières tracées en nous, fassent sauter des verrous rouillés qui bloquent l’énergie de la vie,
Que Dieu laboure le champ de notre âme et que nous goutions le mystère de Sa Présence
Que nos êtres puissent  y résonner intérieurement et nos cœurs s’ouvrir aux autres.
Que nous devenions peuple, église, humanité... Libres !
Pour l'équipe, Philippe Randon

mercredi 24 août 2016

2016-17 : La Liberté

Merci à l'équipe qui a planché en Juillet... Quel programme !!! LA LIBERTE
Attrapez vite une plaquette : le menu concocté est proposé pour les 5 WE... bonne rentrée !

mardi 31 mai 2016

INFO CALENDRIER 2016-2017

En attendant que l'équipe choisisse le thème d'année sur les propositions que vous faîtes, voici les dates à retenir :

WE 1 : 8-9 octobre 2016
WE 2 : 3-4 décembre 2016
WE 3 : 4-5 février 2017
WE 4 : 1-2 avril 2017
WE 5 : 3-4 juin 2017

Tout se déroulera à la Pourraque.
Pour ceux qui suivent le Parcours Fondamental de la Mission de France, seul le WE2 est sur les mêmes dates... ce qui vous permet de continuer à vivre les fabuleux WE Pourraque !

WE 28-29 mai : Enchanter le monde...


La mission de la femme : Enchanter le monde…

Intro : Replaçons ce WE dans la série des précédents, voir si les figures féminines déjà observées ne nous révèleraient pas un peu de cette mission :
1)    La cananéenne du 1er we fait preuve de beaucoup de foi, pour interpeler Jésus afin de guérir sa fille, de l’audace pour oser interpeler les apôtres, de la ténacité pour arriver jusqu’à lui, de l’humilité dans le discours, "les petits chiens mangent bien les miettes qui tombent de la table des maitres", et de la lucidité, du bon sens, pour fait prendre conscience à Jésus que sa mission déborde largement la maison d’Israël
2)    Lorsque les responsables de sa cité sont désespérés, humiliés, et vont capituler, par manque de confiance en Yavhé, le Dieu de leurs pères, Judith, va leur rendre leur liberté, leur fierté, et leur confiance en Dieu. Avec courage et ruse, elle passe les lignes ennemies, avec abnégation et dévouement à son Dieu, elle risque sa vie et sa vertu. A son retour, son humilité et sa foi lui font reconnaitre par sa main, l’action de Dieu, tandis qu’avec ténacité et force, elle les galvanise à monter au combat le lendemain, après avoir, avec reconnaissance, exhorté le peuple à la louange.
3)    Après le passage de l’Ange Gabriel, la joie de Marie lui inspirera son Magnificat. Par son oui simple, confiant et inconditionnel, Marie nous rappelle que la co-création du monde passe par l’accueil. Accueil de la maternité, de l’amour, et plus largement, de la relation à l’autre. Par la Visitation, Marie et sa cousine Elisabeth nous apprennent comment une parole de bénédiction, exprimée ou non, une simple salutation lors d’une rencontre, fait vibrer/peut faire vibrer quelque chose, en l’un et en l’autre…
4)    Rébecca nous a illustré sa fidélité à l’alliance et au plan de Dieu, de façon toute féminine, avec autant de ruse, de subtilité, d’inventivité  et d’efficacité que Judith en son temps. Et le résultat est là ! Jacob a été béni par son père, comme annoncé par Yavhé.
5)    Marie de Magdala, vient au tombeau de bon matin pour retrouver Jésus, l’embaumer, le toucher, garder un contact avec lui, même mort. Geste délicat d’une femme attentionnée, aux sentiments encore vifs, voire amoureuse, mais capable en un regard, à l’appel de son prénom, de se détacher de son « Rabbi » : Venue pour enlever Son Seigneur, la voilà repartie sans même l’avoir touché…Détachée de ce corps physique, elle peut alors proclamer la résurrection de Jésus.
Mais enchanter le monde, c’est quoi ? Même si l’Ancien Testament fait référence à Zabulon, c’est pour mentionner ses armées, donc, rien à voir avec le  « manège enchanté » !
Pour avancer, revenons à l’origine, à la Génèse :
Dieu a créé l’homme "à son image, et à sa ressemblance": Au mystère de la Trinité de 3 personnes distinctes dans une unité, fait écho celui d’1 être humain en 2 personnes, masculine et féminine, pour une plénitude et une fécondité, dans une identité de nature. (Ce n’est pas moi qui le dit, mais Nicole Echivard, théologienne de la période Vatican II).
En le créant, Dieu dote Adam de sagesse ! (c’était pour voir s’il y en a qui suivaient. Je répète) : il lui confie comme triple mission de comprendre et nommer la création (Gn 2,19), de la gouverner (la dominer dit le texte Gn 1,26), et de produire des œuvres (en l’occurrence, la cultiver et la préserver. Gn 2,15).
Mais Adam est seul… Alors que Dieu tous les soirs jusqu’alors, voyait que «cela était bon», la solitude d’Adam donne un gout «d’inachevé» à sa création … jusqu’à la création d’Eve, à partir de Adam, comme un achèvement qui perfectionne «l’être humain».
Tout seul, Adam ne pouvait que regarder, tel Narcisse, son image se refléter à la surface des eaux. Avec l’arrivée de Eve, l’amour peut enfin circuler entre ces 2 êtres, et Adam ne s’y trompe pas : cela transforme sa vie, l’enchante tellement qu’il exulte devant Eve : «Pour le coup, c’est l’os de mes os, la chair de ma chair !»
Séparée, distincte de Adam, Eve le fait entrer en relation, elle-même «être de relation». Jusqu’alors, Adam nommait, gouvernait, faisait fructifier la création. Eve, par sa présence, donne un sens à ces missions d’Adam, mieux, elle lui révèle le primat de l’Amour, et de ses fruits, la fécondité, la relation, le souci d’un autre que lui, sur cette triple capacité de comprendre, gouverner, créer : Pour faire simple, elle donne un cœur à cette intelligence.
Alors, l’être humain n’est plus seulement « à l’image » de Dieu, mais aussi « à la ressemblance » de ce mystère trinitaire ou interpersonnel, car l’Amour y circule…
« Tête » et « cœur » à la fois distincts, et constituant « une seule chair » (Gn 2,24), où la femme a sa mission propre :
Le corps de l’homme est + grand, + fort, l’extériorité de l’acte d’engendrement représente la puissance créatrice du père.
Celui de la femme se creuse, accueille l’autre corps, homme ou enfant. Il devient refuge, abri, tabernacle, source de vie : Il porte, enveloppe, nourrit longtemps, entoure, console, accompagne :
Plus que de se recueillir auprès d’un ami, comme le font les apôtres, ce mystère féminin de Marie Madeleine la pousse jusqu’au tombeau, au petit matin de la Résurrection, pour embaumer son corps…
Là où un homme, Simon, propose des ablutions rituelles, ce mystère féminin va jusqu’à répandre du parfum sur les pieds de Jésus, en engageant tout son corps, son cœur, comme nous le verrons avec le texte de demain.
« La femme est l’avenir de l’homme », dit le poète, « Le commencement de l’homme est dans le cœur de la mère » répond en écho JeanPaul II, (dans son discours à St Denis en 1980).
Et toute cette fécondité, humaine et spirituelle, c’est avant tout de son créateur qu’elle la tient : C’est ce que signifie cette lignée de femmes stériles qui font l’histoire du Peuple de Dieu, et dont fait partie Anne : dans le texte que nous aborderons cet après midi, Anne passe des larmes du désir d’enfant, au Magnificat de l’offrande de Samuel au temple, dans un geste de dépossession, qui n’est pas sans rappeler celui de Abraham, avec Isaac, ou le glaive qui transperce le cœur de Marie, consciente que la présentation de Jésus au temple va au-delà du simple commencement d’une vie religieuse banale…
Bref, messieurs, en plus de donner la vie, ou peut-être PARCE qu’elles donnent la vie, elles font tout comme nous, de plus en plus, mais pas du tout comme nous ! C’est ce que nous essaierons d’appréhender à la veillée de ce soir, de façon un peu ludique : Nous verrons après leur avoir donné une côte, comment elles nous donnent un cœur, ou plutôt nous révèlent le nôtre, et là je ne dis pas : sacerdoce, mais juste « vocation à l’amour ». Alleluia !
Jean Bernard Fournier

1er livre de Samuel, Ch 1, v 1-28

1-Il y avait un homme de Ramatayim, un Çuphite de la montagne d'Éphraïm, qui s'appelait Elqana, fils de Yeroham, fils d'Élihu, fils de Tohu, fils de Çuph, un Éphraïmite. 2-Il avait deux femmes : l'une s'appelait Anne, l'autre Peninna; mais alors que Peninna avait des enfants, Anne n'en n'avait point.  3-Chaque année, cet homme montait de sa ville pour adorer et pour sacrifier à Yahvé Sabaot à Silo là se trouvaient les deux fils d'Éli, Hophni et Pinhas, comme prêtres de Yahvé.
 4-Un jour Elqana offrit un sacrifice. Il avait coutume de donner des portions à sa femme Peninna et à tous ses fils et filles, 5-et il n'en donnait qu'une à Anne bien qu'il préférât Anne, mais Yahvé l'avait rendue stérile. 6-Sa rivale lui faisait aussi des affronts pour la mettre en colère, parce que Yahvé avait rendu son sein stérile. 7-C'est ce qui arrivait annuellement, chaque fois qu'ils montaient au temple de Yahvé : elle lui faisait des affronts. - Or donc, Anne pleura et resta sans manger.

8-Alors son mari Elqana lui dit : " Anne, pourquoi pleures-tu et ne manges-tu pas ? Pourquoi es-tu malheureuse ? Est-ce que je ne vaux pas pour toi mieux que dix fils ? " 9-Anne se leva après qu'ils eurent mangé dans la chambre et elle se tint devant Yahvé - le prêtre Éli était assis sur son siège, contre le montant de la porte, au sanctuaire de Yahvé. 10-Dans l'amertume de son âme, elle pria Yahvé et elle pleura beaucoup. 11-Elle fit ce vœu : " O Yahvé Sabaot! Si tu voulais considérer la misère de ta servante, te souvenir de moi, ne pas oublier ta servante et lui donner un petit d'homme, alors je le donnerai à Yahvé pour toute sa vie et le rasoir ne passera pas sur sa tête. "
12-Comme elle prolongeait sa prière devant Yahvé, Éli observait sa bouche. 13-Anne parlait tout bas : ses lèvres remuaient mais on n'entendait pas sa voix, et Éli pensa qu'elle était ivre. 14-Alors Éli lui dit : " Jusques à quand seras-tu dans l'ivresse ? Fais passer ton vin! " 15-Mais Anne répondit ainsi : " Non, Monseigneur, je ne suis qu'une femme affligée, je n'ai bu ni vin ni boisson fermentée, j'épanche mon âme devant Yahvé. 16-Ne juge pas ta servante comme une vaurienne : c'est par excès de peine et de dépit que j'ai parlé jusqu'à maintenant. " 17-Alors Éli lui répondit : " Va en paix et que le Dieu d'Israël t'accorde ce que tu lui as demandé. " 18-Elle dit : " Puisse ta servante trouver grâce à tes yeux ", et la femme alla son chemin; elle mangea et son visage ne fut plus le même.  
19-Ils se levèrent de bon matin et, après s'être prosternés devant Yahvé, ils s'en retournèrent et arrivèrent chez eux, à Rama. Elqana s'unit à sa femme Anne, et Yahvé se souvint d'elle. 20-Anne conçut et, au temps révolu, elle mit au monde un fils qu'elle nomma Samuel " car, dit-elle, je l'ai demandé à Yahvé ". 21-Le mari Elqana monta, avec toute sa famille, pour offrir à Yahvé le sacrifice annuel et accomplir son vœu. 22-Mais Anne ne monta pas car elle dit à son mari : " Pas avant que l'enfant ne soit sevré! Alors je le conduirai; il sera présenté devant Yahvé et il restera là pour toujours. " 23-Elqana, son mari, lui répondit : " Fais comme il te plaît et attends de l'avoir sevré. Que seulement Yahvé réalise sa parole! " La femme resta donc et allaita l'enfant jusqu'à son sevrage.  
24-Lorsqu'elle l'eut sevré, elle l'emmena avec elle, en même temps qu'un taureau de trois ans, une mesure de farine et une outre de vin, et elle le fit entrer dans le temple de Yahvé à Silo; l'enfant était tout jeune.  25-Ils immolèrent le taureau et ils conduisirent l'enfant à Éli. 26-Elle dit : " S'il te plaît, Monseigneur! Aussi vrai que tu vis, Monseigneur, je suis la femme qui se tenait près de toi ici, priant Yahvé. 27-C'est pour cet enfant que je priais et Yahvé m'a accordé la demande que je lui ai faite. 28-A mon tour, je le cède à Yahvé tous les jours de sa vie : il est cédé à Yahvé. " Et, là, ils se prosternèrent devant Yahvé.

Ch 2, v 1-11 
1-Alors Anne fit cette prière : " Mon cœur exulte en Yahvé, ma corne s'élève en mon Dieu, ma bouche est large ouverte contre mes ennemis, car je me réjouis en ton secours. 2-Point de Saint comme Yahvé car il n'y a personne excepté toi, point de Rocher comme notre Dieu. 3-Ne multipliez pas les paroles hautaines, que l'arrogance ne sorte pas de votre bouche. Un Dieu plein de savoir, voilà Yahvé, à lui de peser les actions. 4-L'arc des puissants est brisé, mais les défaillants sont ceinturés de force. 5-Les rassasiés s'embauchent pour du pain, mais les affamés cessent de travailler. La femme stérile enfante sept fois, mais la mère de nombreux enfants se flétrit. 6-C'est Yahvé qui fait mourir et vivre, qui fait descendre au shéol et en remonter. 7-C'est Yahvé qui appauvrit et qui enrichit, qui abaisse et aussi qui élève. 8-Il retire de la poussière le faible, du fumier il relève le pauvre, pour les faire asseoir avec les nobles et leur assigner un siège d'honneur; car à Yahvé sont les piliers de la terre, sur eux il a posé le monde. 9-Il garde les pas de ses fidèles, mais les méchants disparaissent dans les ténèbres car ce n'est pas par la force que l'homme triomphe 10-Yahvé, ses ennemis sont brisés, le Très Haut tonne dans les cieux. Yahvé juge les confins de la terre, il donne la force à son Roi, il exalte la vigueur de son Oint." 11-Elqana partit pour Rama dans sa maison mais l'enfant restait à servir Yahvé, en présence du prêtre Éli.

Lire le texte à haute voix.
Analyser la structure du texte, proposer un plan
Identifier les personnages, les lieux, les déplacements, les temps
Relever les omissions, les répétitions…

Questions :
1.       Pourquoi Anne pleure-t-elle ? Pourquoi s’adresse t-elle au Seigneur?
2.       D’après ce texte, que représente les femmes pour les hommes ? Et l’homme pour elles ?
3.       Quelles sont les priorités d’Anne et comment évoluent-elles ?

4        Comment ce texte nous rejoint-il dans notre vie ?
1.         En quoi la vie d’Anne, ses préoccupations rejoignent-elles notre vie ?
2.         Quelle est la place des femmes dans la société de nos jours ?
3. Aujourd’hui, en quoi les femmes de notre société participent à la transmission de l’amour


Luc, Ch 7, v 36-50

36-Un Pharisien l'invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table.37-Et voici une femme, qui dans la ville était une pécheresse. Ayant appris qu'il était à table dans la maison du Pharisien, elle avait apporté un vase de parfum..38-Et se plaçant par derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à lui arroser les pieds de ses larmes ; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum. 39-cette vue, le Pharisien qui l'avait convié se dit en lui-même :" Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une pécheresse !"40-Mais, prenant la parole, Jésus lui dit :"Simon, j'ai quelque chose à te dire."-"Parle, maître", répond-il. 41-"Un créancier avait deux débiteurs ; l'un devait cinq cents deniers, l'autre cinquante.42-Comme ils n'avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous deux. Lequel des deux l'en aimera le plus ?"43-Simon répondit :"Celui-là, je pense, auquel il a fait grâce de plus."Il lui dit :"Tu as bien jugé." 44-Et, se tournant vers la femme : "Tu vois cette femme ? dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m'as pas versé d'eau sur les pieds ; elle, au contraire, m'a arrosé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. 45-Tu ne m'as pas donné de baiser ; elle, au contraire, depuis que je suis entré, n'a cessé de me couvrir les pieds de baisers. 46-Tu n'as pas répandu d'huile sur ma tête ; elle, au contraire, a répandu du parfum sur mes pieds. 47-A cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu'elle a montré beaucoup d'amour. Mais celui à qui on remet peu montre peu d'amour." 48-Puis il dit à la femme :"Tes péchés sont remis." 49-Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes :"Qui est-il celui-là qui va jusqu'à remettre les péchés ?" 50-Mais il dit à la femme :"Ta foi t'a sauvée ; va en paix."

Lire le texte à haute voix.
Analyser la structure du texte, proposer un plan
Identifier les personnages, les lieux, les déplacements, les temps
Relever les omissions, les répétitions…

 Questions :
1.      Que dit la pécheresse? Comment parle-t-elle ?
2.      Quels jugements dans ce texte ? Et à notre niveau de lecteur ?
3.      Par son action, sa rencontre avec Jésus, que nous dit-elle de l’amour ?

Ø  Comment ce texte nous rejoint dans notre vie ?
1.      Avons-nous déjà ressenti, comme cette femme, un désir vital d’aller vers Jésus ? Que pouvez vous en dire ?
2.      Vous est-il arrivé d’apprécier une intervention féminine dans une situation bloquée ?
Aujourd’hui, quelle musique, quel espoir, quel bonheur ce témoignage peut-il faire jaillir dans notre quotidien ?

Cantique de la création - Saint François d’Assise

Très Haut, tout puissant et bon Seigneur, à toi louange, gloire, honneur, et toute bénédiction ;
à toi seul ils conviennent, O Très-Haut, et nul homme n’est digne de te nommer.
Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, spécialement messire frère Soleil,
par qui tu nous donnes le jour, la lumière ; il est beau, rayonnant d’une grande splendeur,
et de toi, le Très Haut, il nous offre le symbole.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les étoiles : dans le ciel tu les as formées,
claires, précieuses et belles.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Vent, et pour l’air et pour les nuages,
pour l’azur calme et tous les temps : grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.
Loué sois-tu, Seigneur, pour notre sœur Eau, qui est très utile et très humble,
précieuse et chaste.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Feu, par qui tu éclaires la nuit :
il est beau et joyeux, indomptable et fort.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre, qui nous porte et nous nourrit,
qui produit la diversité des fruits, avec les fleurs diaprées et les herbes.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour toi ;
qui supportent épreuves et maladies : heureux s’ils conservent la paix,
car par toi, le Très Haut, ils seront couronnés.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle à qui nul homme vivant ne peut échapper.
Malheur à ceux qui meurent en
péché mortel ; heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté, car la seconde mort ne pourra leur nuire.
Louez et bénissez mon Seigneur, rendez-lui grâce et servez-le en toute humilité.