samedi 3 février 2024

WEnd du 27-28 Janvier 2024

 A La Pourraque

S'alléger pour s"élever........

......En société : Besoin d'une société qui s'allège. Remettre en cause les modèles de croissance qu'elle propose.

 

Bonjour à tous,

 

Nous voici arrivés à la 3ème étape de notre thème d’année : « s’alléger pour s’élever », et déjà dans l’année nouvelle : alors bonne année 2024 à tous.

Que nous inspire ce parallèle entre le temps qui passe, et l’évolution du monde dans lequel nous vivons ? c’est que les 2 sont inéluctables… quoiqu’on fasse :

Il y avait un ancien temps (vous savez, celui qui était toujours mieux avant !): celui de l’après-guerre, issu de 5 ans d’occupation nazie, et désireux d’un changement radical de société.

 

« Un peuple sans passé, sans mémoire, est un peuple sans avenir, sans futur », dit-on à Sciences Po.

Faisons un rapide rappel historique :

Après 3 guerres en moins de 50 ans, et une société inégalitaire de rentiers, riches industriels, et ouvriers, dont la faillite fut accentuée par celle du krack boursier de 1929, la récession qui suivit a fait le lit du nazisme et de la guerre suivante…

Le but de la société après-guerre était de restaurer ce qui faisait l’âme de la démocratie française, même si elle s’incarna par un militaire, général de surcroît : Une fois la liberté acquise chèrement, l’égalité devait être possible grâce à la fraternité : ne laisser personne sur le bord de la route, tel était le but, l’idéal de cette société : Que chacun  puisse se soigner, élever dignement ses enfants, ou trouver un travail, quel que soit son statut : Grâce à l’impôt sur le revenu, outil de redistribution, le progrès social s’est concrétisé avec la création en 1945 de la Sécurité sociale, des allocations familiales, des allocations chômage, et plus tard, des allocations logement, handicapé… aboutissant à l’émergence d’une classe moyenne en France, puis dans ce qu’on appelait le « marché commun » à 6, puis élargi à toute l’Europe, dont le bien être s’est amélioré parallèlement au PIB.

 

Depuis peu, nous voyons s’esquisser un temps nouveau, dont nous ne connaissons pas la nature… mais que nous commençons à subir, à défaut de s’entendre sur  les moyens de le maitriser : flux migratoires incontrôlables malgré murs  et barbelés, chômage de longue durée,  des séniors trop chers à employer, mais priés quand même de former leurs successeurs…, réchauffement climatique (pour info, plus de 25° aujourd’hui 27 janvier à Céret, en catalogne française), assèchement des nappes phréatiques dans le sud, inondations dans le nord, toujours en France…

 

Face à cette (r)évolution, 2 attitudes possibles : évoluer sous la contrainte des évènements, donc à contre cœur et difficilement, bien souvent « contre » : contre les puissances de l’argent, du pouvoir, les émigrés, les juifs, les arabes… ou bien mu par le désir d’un monde que nous choisirions, comme cela a été fait en 1945 par le « Conseil National de la Résistance »créé en 1943, pourtant au plus fort de la guerre, pour imaginer un autre monde, et en définir les contours :

-          « lutter contre » un présent difficile, en essayant de restaurer un passé perçu comme meilleur, mais …par définition passé,  et donc inaccessible, ou

-          « Se mobiliser pour »un futur dont chacun a esquissé les grandes lignes, les « mots-clés »

C’est ce qui nous sera proposé ce soir à la veillée, en 2 parties :

n  La 1ère partie, Nathalie nous exposera la fresque du climat, qui demandera notre participation personnelle,

n  La 2ème partie  nous fera esquisser le monde dans lequel nous aimerions vivre, dans nos rêves les plus fous, en s’affranchissant de tous nos blocages et « aquabonismes », au moins dans un 1er temps, sans confondre « buts » (idéal à atteindre) et « moyens » (contingences et difficultés à surmonter).

J’espère que ce programme vous plait ?

 

Le 1er we  nous avait fait  prendre conscience, de tout ce qui nous alourdissait au niveau personnel :

Dans nos vies, alléger le matériel, pour élever le spirituel,  

                        devenir meilleur, pour rentre le monde meilleur…

peut-être faudra-t-il un autre we de ce type… peut-être même 2… ?

Du temps de Jean de la Croix, les montgolfières n’existaient pas, mais, nous disait-il : « Qu'importe que l'oiseau soit retenu par un fil léger ou par une corde ? Le fil qui le retient a beau être léger, l'oiseau y reste attaché comme à la corde ...

La figure spirituelle de ce 1er we était Mère Térésa, quittant le confort de son pensionnat de jeunes filles privilégiées, qui avait commencé à soulager les moribonds de Howrah, la gare de Calcutta, d’abord toute seule.

 

Le 2ème we, nous a fait entrevoir la convivialité fraternelle : c’est comme pour l’efficacité des antibiotiques, ou le niveau sonore des enfants : chacun de son côté ou ensemble, les potentialités se démultiplient… Aucun parent a fortiori malade ne me contredira… sauf que là, c’est de l’amour qui circule, qui comme chacun sait, est une force  ascensionnelle fabuleuse sur le plan spirituel !

La figure spirituelle de ce 2ème we était Christian de Chergé, apôtre de la Rencontre, rencontre perçue comme un éveil mutuel de la vérité de chacun, de sa « lumière intérieure », comme il a pu le vivre dans son dialogue avec les musulmans vivant autour du monastère de Tibbérine.

 

Dans ce 3ème we c’est de la société dans laquelle nous voulons vivre, qu’il est question, celle que nous voulons laisser à nos enfants. Evolution sans révolution, c’est le challenge du refus de la violence, en se souvenant de 1789 et des années de  « grande terreur » qui a suivi. Cela s’appelle la démocratie… sauf quand le peuple ne se sent plus représenté, et descend dans la rue…

 

Au niveau économique, ce serait des modèles de croissance différents, telle la sobriété, plus heureuse que la croissance sans fin,  pilier du système capitaliste, pour l’enrichissement infini d’une minorité, ce qui n’a plus aucun sens : Avec 179 milliards d'euros, Bernard Arnault possède une fortune supérieure à plus de 20 millions de Français.es, et déclenche avec ses collègues du CAC 40 une certaine violence sociale, autant que la créativité des pancartes de manifestants : « Leurs yachts échoueront sur nos grèves… »(Pour l’instant, ils naviguent plutôt off shore, afin de contourner le fisc !)

Au niveau de l’institution de l’Eglise, on ne parle pas de démocratie, mais de synodalité, pas de citoyenneté, mais comme sur le fronton des mairies, de fraternité

Depuis 50 ans, sur le même plan organisationnel depuis 2 siècles,  on observe l’échec de la réanimation d’un réseau moribond de paroisses à desservir par des prêtres dont le nombre se raréfie tous les ans, malgré le recours (on serait tenté de dire le pillage en voyant la différence de densité) des prêtres de pays étrangers, notamment africains.

Certains chrétiens de base, (ceux qui ne sont pas partis) ont l’intuition que le renouveau spirituel viendra (s’il doit venir) non de l’institution, grandement décrédibilisée actuellement, malgré son pasteur François, mais en  recréant une multitude de petites églises  ou maisonnées fraternelles, comme autant de lieux où la vie institutionnelle serait exercée par la base de l’Eglise (en tant que « Peuple de Dieu » et non « institution ») , (à savoir une assemblée de baptisés, que pourrait présider un de ses membres, à temps partiel, issu de la communauté, marié, reconnu et missionné par l’évêque, pour animer la fraternité et présider l’eucharistie : l’équivalent d’un « prêtre corinthien » par analogie au modèle pratiqué par St Paul à Corinthe).C’est l’esprit du texte des actes des apôtres que nous prendrons demain matin.

Au niveau de la Nature, de la Création, l’allègement  serait de retrouver la notion du Shabat : La mise en jachère de la terre, la mise au  repos hebdomadaire des hommes et des animaux, une autre façon de travailler, plus respectueuse de la sphère privée et familiale, comme on a pu le redécouvrir lors des confinements… Ce sera un des thèmes abordés par le texte de cet A Midi.

Au niveau social : Là encore, le texte des Lévitiques de cet A midi ne nous aidera pas à nous élever par « lévitation »   (Josette nous présentera son étymologie et son contexte) mais on peut transposer au niveau de la société, ce que ce texte propose au niveau individuel, notamment  l’allègement , voire la remise… des dettes.

Sans déflorer le sujet du  texte de cet AM, vous pourrez apprécier dans quelle mesure il reprend les we précédents, sur le statut et la propriété de la terre, sur les rapports entre israëlites, et sur la gestion des dettes…

Bref, vous l’aurez compris : Pour nous, il ne s’agit pas de refaire le monde… (encore que…) mais juste de le faire évoluer vers une société régie  par les valeurs que nous aurons choisi ce soir à la veillée.

C’est ce qui a motivé notre 3ème modèle spirituel : l’abbé Pierre. Au niveau perso : Il renonce à un héritage, pourtant conséquent, combat pour son idéal de société au péril de sa vie, dans la résistance,  puis au niveau législatif comme député, au niveau économique, de par son milieu (fils de soyeux de Lyon) et bien sûr son parcours social, avec la communauté d’Emmaüs, initiée chez lui par une communauté de vie avec les premiers compagnons…

Nous reprendrons un de ses textes lors de la célébration.

Bon, nous, on est plutôt « baptisés », que « ordonnés » (peut-être manque-t-il un prêtre, dans cette assemblée… ?), voire même un peu  désordonnés , mais on peut aussi faire évoluer les choses, comme le dit Lc 1,37 : « Rien n’est impossible à Dieu »

Alors au travail, et bon WE

 

SAMEDI 27 JANVIER 2024   -   LIVRE DU LÉVITIQUE 25

 01 Le Seigneur parla à Moïse sur le mont Sinaï et dit :

02 « Parle aux fils d’Israël. Tu leur diras : Lorsque vous entrerez dans le pays que je vous donne, la terre observera un repos sabbatique pour le Seigneur.

03 Pendant six ans tu ensemenceras ton champ, pendant six ans tu tailleras ta vigne, et tu récolteras les produits de la terre.

04 Mais la septième année, ce sera un sabbat, un sabbat solennel pour la terre, un sabbat pour le Seigneur : tu n’ensemenceras pas ton champ, tu ne tailleras pas ta vigne,

05 tu ne moissonneras pas ce qui aura poussé tout seul depuis la dernière moisson, et tu ne vendangeras pas les grappes de ta vigne non taillée ; ce sera une année sabbatique pour la terre.

06 Ce que la terre aura fait pousser pendant ce repos sabbatique, vous vous en nourrirez, toi, ton serviteur, ta servante, et le salarié ou l’hôte qui résident chez toi.

07 Tous ses produits serviront de nourriture à ton bétail et aux bêtes qui sont dans le pays.

08 Vous compterez sept semaines d’années, c’est-à-dire sept fois sept ans, soit quarante-neuf ans.

09 Le septième mois, le dix du mois, en la fête du Grand Pardon, vous sonnerez du cor pour l’ovation ; ce jour-là, dans tout votre pays, vous sonnerez du cor.

10 Vous ferez de la cinquantième année une année sainte, et vous proclamerez la libération pour tous les habitants du pays. Ce sera pour vous le jubilé : chacun de vous réintégrera sa propriété, chacun de vous retournera dans son clan.

11 Cette cinquantième année sera pour vous une année jubilaire : vous ne ferez pas les semailles, vous ne moissonnerez pas le grain qui aura poussé tout seul, vous ne vendangerez pas la vigne non taillée ………………

35 « Si ton frère tombe dans la pauvreté et sous ta dépendance, tu le soutiendras comme s’il était un immigré ou un hôte, et il vivra avec toi.

36 Ne tire de lui ni intérêt ni profit : tu craindras ton Dieu, et tu laisseras vivre ton frère avec toi.

37 Tu ne lui prêteras pas de ton argent pour en tirer du profit ni de ta nourriture pour en percevoir des intérêts.

38 Je suis le Seigneur votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte pour vous donner le pays de Canaan, pour être votre Dieu.

39 Si ton frère tombe dans la pauvreté et s’il se vend à toi, tu ne lui imposeras pas un travail d’esclave ;

40 il sera pour toi comme un travailleur salarié et travaillera avec toi jusqu’à l’année jubilaire.

 

 

Analyser les composants du texte :

Repérer les personnages, les lieux, les temps, les déplacements, les répétitions, les oppositions

Questions sur le texte :

-  Quel parallèle peut-on faire avec le premier chapitre de la Genèse et qu’est-ce que ce texte nous dit sur notre rapport à la terre et la création ? 

-  Que nous dit ce texte sur les relations sociales (travail, vie associative…) ?

Par rapport à notre vie :

-  Avons-nous conscience de la vocation universelle des biens crées ?

-  Serions- nous capable de prendre des temps d’arrêt d’activité, des temps de jachère (s’alléger pour s’élever)?

 

 

Soirée à la découverte ....

 de nos responsabilités dans le changement climatique 

et de quelques moyens pour amorcer le changement inverse  

 


Nous avons chanté....

 

DIMANCHE 28 JANVIER 2024

 

ACTE DES APOTRES chapitre 4 - verset 32-37

 

 

32 La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun.

 

33 C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous.

 

34 Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient,

 

35 et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun.

 

36 Il y avait un lévite originaire de Chypre, Joseph, surnommé Barnabé par les Apôtres, ce qui se traduit : « homme du réconfort ».

 

37 Il vendit un champ qu’il possédait et en apporta l’argent qu’il déposa aux pieds des Apôtres.

 

 

 

Analyser les composants du texte :

Repérer les personnages, les lieux, les temps, les déplacements, les répétitions, les oppositions

 

Questions sur le texte :

-  Qu’est-ce qui, dans le texte, nous révèle ce qui fédère la première communauté chrétienne ?

-  Depuis le texte de hier, la loi des lévites a-t-elle évoluée ?

 

 

Par rapport à notre vie :

-  Nous avons esquissé hier une société idéale, comment dans notre vie réaliser concrètement ce qui pourrait nous fédérer, nous mettre en communion ?

 

-  Quels engagements individuels pour le bien commun : association, syndicalisme, communauté ecclésiale ou alternative comme la Pourraque, autres … ?  

 

 Ce Week End, nous avons aussi été accompagnés par l'Abbé Pierre....



lundi 4 décembre 2023

 WE 2 - 2 et 3 Décembre 2023

      S'alléger pour s'élever… en vue de l'autre

 

Intro du Samedi : Damien

 Nous voilà en plein envol pour s'élever…Plutôt, disons, sur la ligne de départ consistant à "s'alléger pour s'élever"…

 
Dans un premier temps, en Octobre, nous avons évoqué le problème du disque dur saturé.
Sans formater pour repartir à zéro (ce qui n'est pas possible dans la vraie vie biologique et psychique), l'enjeu est de faire le tri, de choisir, de prioriser pour, finalement, faire de la place. Un bon nettoyage du disque dur !
Une des conclusions de ce premier WE est qu'effectivement, qu'efficacement, s'il n'y a pas de place, nous ne pouvons pas accueillir du neuf sur notre pentium !
 
Voilà donc que nous arrivons à la ligne directrice de ce WE : avec les espaces gagnés dans nos têtes, nos emplois du temps et autres priorités, nous sommes invités à grandir en humanité en s'accordant de la place pour la rencontre avec l'autre.
Notre humanisation passe par la rencontre, c'est le thème de ce WE : "S'alléger pour s'élever… En vue de l'autre : se vider de soi pour être capable d'écouter l'autre, d'accueillir ce qu'il m'apporte"
 
Marie Balmary nous avait interpellée dans son livre "la Divine Origine, Dieu n'a pas créé l'homme". A partir des traductions primaires de la Genèse, elle souligne que JE n'est pas TU, que JE a besoin de TU pour ne pas mourir, que le Serpent ne distingue pas et cultive la con-fusion entre JE et TU, alors que Dieu s'applique à nommer et séparer le JE et le TU… De fait, le JE devient pleinement JE par le TU.
La séparation nécessaire, la genèse de l'altérité est donc créatrice d'humanité.
 
Alors, si l'autre est nécessaire à ma propre existence, que dire de l'accueil de l'autre, différent par définition ? Tous ceux qui vivent en couple ou dans une collectivité peuvent témoigner du désir de fusion qui s'oppose à la considération de la différence, tension entre conformisme collectif et revendication individuelle.
Un clin d'œil positif nous a piqué, celui de la QPC du Conseil Constitutionnelle du 6 juillet 2018 qui reconnait la valeur constitutionnelle du principe de fraternité envers l'accueil des étrangers. En pratique, le délit de solidarité ou d'hospitalité ont une reconnaissance difficile, mais c'est bien inscrit dans les textes de notre République.
 
La radicalisation des propos, des positions publiques, des lâchers de Twitt, ne cultive pas le vivre ensemble dans notre société. Quand tout est gris, affirmer que c'est blanc ou noir sans position alternative bloque la discussion et l'issue gagnant-gagnant de la rencontre.
 
Pourtant, nous sommes invités à prendre le risque de l'altérité en humanité. C'est notre seule issue, et finalement, c'est notre espoir en tant qu'être humain.
Et donc, après avoir fait un peu de place sur le disque dur, nous passons en phase d'écoute, d'accueil.
Durant ce WE, nous plongerons dans l'écoute de l'autre avec le texte de Samuel et dans la rencontre de l'autre avec la Samaritaine.
Dans les 2 situations décrites par les narrateurs, nous sommes invités à identifier les 2 niveaux d'écoute, les 2 niveaux de rencontre : l'autre et l'Autre (et vice versa) sont des clés d'entrée.
 
Les figures des moines de Tibhirine porteurs d'une théologie de l'espérance nous accompagnent sur le chemin de la rencontre tout au long du déroulé du WE.
 
Dans les WE suivants, nous sortirons de l'introspection et de l'intimité de la rencontre pour aller s'élever au contact du monde, vers une approche plus globale et macro.
 
Aussi retenons pour ce WE, 2 grilles prioritaires de lecture pour les textes :
-        Ce qui se passe entre les personnes décrites
-        Et les 2 niveaux de l'autre (a et A).


Notre texte du Samedi : 1 Samuel 1-10 (trad. AELF)

01 Le jeune Samuel assurait le service du Seigneur en présence du prêtre Éli. La parole du Seigneur était rare en ces jours-là, et la vision, peu répandue.

02 Un jour, Éli était couché à sa place habituelle – sa vue avait baissé et il ne pouvait plus bien voir.

03 La lampe de Dieu n’était pas encore éteinte. Samuel était couché dans le temple du Seigneur, où se trouvait l’arche de Dieu.

04 Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! »

05 Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé. Retourne te coucher. » L’enfant alla se coucher.

06 De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. »

07 Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée.

08 De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant,

09 et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » Samuel alla se recoucher à sa place habituelle.

10 Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. »


Ce que dit le texte :
Repérez les personnages, les lieux, les déplacements, les temps, les répétitions et oppositions
    Recherchez les mots clés, proposez un plan
Quelles sont les préoccupations des protagonistes ? Quel est le rôle d'Eli ?
Que faut-il à Samuel, et à Eli, pour discerner qui appelle ?
Et pour nous aujourd'hui :
Comment se rendre pleinement présent à l'autre ? à l'Autre ?
 
Intro du dimanche matin : Hervé

LES ATTITUDES DE PORTER DANS NOS RELATIONS INTERPERSONNELLES
(Elias PORTER  1914-1987)

La notion d'attitude se distingue du comportement qui est observable et qui renvoie plus exclusivement à la dimension extérieure, corporelle. Même si elle se traduit par un comportement, l'attitude désigne les pensées, les dispositions que nous avons à l'égard d'une personne ou d'une chose.
Elias PORTER, collaborateur de Carl ROGERS, a étudié dans les années 50, plusieurs centaine s d'entretiens conduits dans le cadre de relations thérapeutiques . Il a identifié ainsi six grandes familles d'attitudes auxquelles nous avons spontanément recours dans nos relations interpersonnelles.
Quelles sont ces 6familles d'attitudes et quels effets induisent-elles sur la relation et sur soi­ même  ?
Il n'est pas question de prescrire telle ou telle attitude mais de s'interroger sur son impact dans la relation.

Psycho-sociologue, collaborateu r de Ca rl R OG ERS, il a mis  en  évidence  six   catégories   d'atti tu des  au xq u ell es nous  avons  recou rs  sponta ném ent  da ns  n os  rel a ti on s de  com m u nicati on.  Si  l'attitude  se  trad u i t   pa r   u n com portement,  elle   désigne  aussi  et  surtout  les pensées, l es dispositions, les intentions que nous avons à l'éga rd de notre interlocuteur ... et qu'il percevra ...
 
Le conseil
Définition :Tout ce qui va de l'ordre le plus impératif (tais-toi) à la suggestion habile (à ta place, je ferais...). Cette attitude vise à apporter une solution.
Avantages possibles : Faire réfléchir, guider l'autre, le rassurer, se rassurer soi-même et montrer à la personne qu'on lui porte de l'intérêt.
• Risaues possibles : Le conseil est subjectif. Il peut induire un tempérament d'assisté. Le conseil est souvent inutile car l'autre a déjà ruminé son problème. Il a souvent déjà envisagé la solution. Si le conseilne convient pas, il sera rejeté

L'enquête
Définition : Il s'agit de demander un complément d'information. On estime qu'on n'a pas tous les éléments pour apprécier la situation.
Souvent, c'est une attitude qui permet d'entrer en relation avec quelqu'un.
Avantages possibles : Faire remonter une information importante. Montrer l'intérêt qu'on porte à son interlocuteur et faire parler son interlocuteur.

Interprétation fausse
Elle disqualifie si l'interlocuteur voit que l'interprétation est fausse
Elle peut engager l'autre dans une décision à partir d'une analyse erronée si l'interlocuteur ne s'aperçoit pas que l'interprétation est fausse
Elle ne respecte pas la progression de l'autre dans sa prise de conscience.

La compréhension (terme de Porter) - L'empathie (terme de Rogers)
Définition :J'explique à l'autre ce qu'il pense, j'explicite l'implicite, je rends conscient l'inconscient mais je le fais en m'efforçant de me mettre à la place de l'autre, à voir le problème tel que l'autre le perçoit vraiment, avec la même intensité, les mêmes nuances.
L'empathie est la capacité à ressentir les émotions de l'autre. La reformulation est un moyen au service de l'empathie

Avantages possibles : L'autre se sent compris et se comprend . Il se  libère. L'autre se sent exister
L'interlocuteur acquiert la capacité de s'accepter  tel qu'il est Les sentiments négatifs accueillis quittent la personne.  Cette attitude  incite l'autre à chercher ses propres solutions.

Risques possibles : Attitude inadaptée en cas d'urgence. L'autre peut croire qu'on l'approuve
Cette attitude peut être perçue comme une dérobade si l'autre veut une recette.
L'empathie est difficile à pratiquer parce qu'il est très délicat de décoder le vécu derrière les mots. Attitude qui nécessite une assise psychologique solide pour rester maître de ses émotions.

Besoins de l'homme, réponses de Dieu :
Une bonne communication, je ne parle pas de tchatche, est basée sur l’expression de nos besoins, de nos sentiments et de nos émotions. Il n’est pas question d’autorité, d’agacement ou d’amertume mais de ressentis. Une bonne communication à l’intérieur de l’homme et entre les hommes est toujours thérapeutique. Carl R. ROGERS
Je viens de vous parler de la relation avec l’autre. Je vais maintenant vous parler de la communication avec l’Autre. Dieu : Père, Fils et Esprit-Saint.
I) Au travers de la bible, Dieu nous assure qu’il prend en compte nos besoins :
2 Corinthiens 9:8 Et Dieu peut vous combler de toutes sortes de grâces, afin que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne oeuvre,
2 Corinthiens 9:12 Car le secours de cette assistance non seulement pourvoit aux besoins des saints, mais il est encore une source abondante de nombreuses actions de grâces envers Dieu.
Philippiens 4:6 Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces.
Ici, Paul parle à l’impératif, ce n’est pas une suggestion c’est une injonction. Il nous offre un mode d’emploi.
Nous pouvons aussi nous réunir : Matthieu 18:20 Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux.
II) Dieu répond à nos besoins : Philippiens 4:19 Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ.
Aussi dans l’ancien testament :
1 Rois 18:24 Puis invoquez le nom de votre dieu; et moi, j'invoquerai le nom de l'Eternel. Le dieu qui répondra par le feu, c'est celui-là qui sera Dieu. Et tout le peuple répondit, en disant : C'est bien !
Psaumes 38:16 Eternel ! c'est en toi que j'espère; Tu répondras, Seigneur, mon Dieu !
Psaumes 69:14 Mais je t'adresse ma prière, ô Eternel ! Que ce soit le temps favorable, ô Dieu, par ta grande bonté ! Réponds-moi, en m'assurant ton secours !
Psaumes 69:14 Mais je t'adresse ma prière, ô Eternel ! Que ce soit le temps favorable, ô Dieu, par ta grande bonté ! Réponds-moi, en m'assurant ton secours !
Job 33 : 14 Dieu parle cependant, tantôt d'une manière, Tantôt d'une autre, Et l'on n'y prend point garde.
Jean 4:10 Jésus lui répondit : Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire ! tu lui aurais toi-même demandé à boire, et il t'aurait donné de l'eau vive.
Parfois nous ne savons ni quoi ni comment demander, il convient de prendre du temps à l’écoute du Saint-Esprit :
Romains 8:26 De même aussi l'Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu'il nous convient de demander dans nos prières. Mais l'Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables; et celui qui sonde les coeurs connaît quelle est la pensée de l'Esprit, parce que c'est selon Dieu qu'il intercède en faveur des saints.
Nous allons bientôt partager sur un dialogue entre une femme et Jésus. Elle ne savait pas qu’elle avait besoin d’eau vive de l’Esprit-saint. Comment aurait-elle pu ?
Alors, me direz-vous Jésus n’est plus là, nous ne pouvons plus parler avec lui.
Est-ce que notre Père céleste pourrait se satisfaire de ne plus communiquer avec nous ?
III) LE SAINT-ESPRIT NOUS GUIDE Jean 16:7 Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai. Jean 15:26 Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi; Jean 14:26 Mais le consolateur, l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. Comme dans l’appel à Samuel « couché à sa place habituelle » 1Samuel 3,9, Dieu nous invite à lui parler depuis notre chambre : Matthieu 6 :6 Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
Je ne souhaite pas vous convaincre, je ne le peux pas. C’est une invitation à communiquer vos besoins au Père céleste, à entendre ses réponses et à le remercier… Si vous le souhaitez.
Maintenant, nous allons partager sur le dialogue entre une femme qui ne connaissait pas son besoin spirituel et Jésus
.

Notre texte du Dimanche : Jean 4, 3-29 (trad. AELF) ; 
nous porterons notre attention sur le dialogue et les versets en gras

03 Dès lors, il quitta la Judée pour retourner en Galilée.

04 Or, il lui fallait traverser la Samarie.

05 Il arrive donc à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph.

06 Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi.

07 Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »

08 – En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions.

09 La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.

10 Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. »

11 Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ?

12 Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »

13 Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ;

14 mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »

15 La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »

16 Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. »

17 La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari. » Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari :

18 des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. »

19 La femme lui dit : « Seigneur, je vois que tu es un prophète !...

20 Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »

21 Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.

22 Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.

23 Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père.

24 Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »

25 La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »

26 Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. »

27 À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ; ils étaient surpris de le voir parler avec une femme. Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? » ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? »

28 La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens :

29 « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? »

 
Ce que dit le texte :
Repérez les personnages, les lieux, les déplacements, les temps, les répétitions, les mots clés, un plan
Notez les changements qui s'opèrent chez la Samaritaine (dans ses propos et ses attitudes)
Qualifiez les attitudes de Jésus envers la Samaritaine
Comment chacun des protagonistes ose-t-il la relation, et dans une dimension d'écoute et de partage ?
Et pour nous aujourd'hui :
Avons-nous expérimenté une ou des rencontres qui ont chamboulé notre vie et nous ont fait grandir ?
Comment l'Autre est apparu dans notre rencontre avec l'autre ? (et vice versa !!!)